COMMENT
FAIRE POUR ADOPTER UNE
BALEINE NOIRE (FRANCHE)?
1. CHOISISSEZ UNE
BALEINE INDIVIDUELLE, UNE PAIRE MÈRE-BALEINEAU OU UN GROUPE
FAMILIAL.
2. REMPLISSEZ LE
FORMULAIRE D’ADOPTION DANS SA VERSION EN LIGNE OU
IMPRIMABLE.
3. ENVOYEZ LE
FORMULAIRE D’ADOPTION, DÛMENT REMPLI, PAR
- COURRIER ÉLECTRONIQUE, OU
- IMPRIMEZ LE FORMULAIRE, PUIS
ENVOYEZ-LE PAR LA POSTE À L’ADRESSE SUIVANTE :
Programme d’adoption de baleines noires (franches) de l’Atlantique Nord
24
Route 776, Grand Manan, New
Brunswick, E5G 1A1 Canada
- IMPRIMEZ LE FORMULAIRE, PUIS ENVOYEZ-LE PAR
TÉLÉCOPIEUR AU NUMÉRO SUIVANT : (506) 662-9804;
OU
APPELEZ-VOUS
AU (506) 662-3804 (laissez votre nom et votre numéro de
téléphone).
TARIFS
(en dollars canadiens)
BALEINE
INDIVIDUELLE –
40 $
CALVIN,
SLASH,
KLEENEX,
BALDY
MÈRE ET BALEINEAU –
75 $
KLEENEX ET DRIPPY-NOSE,
CALVIN ET HOBBES,
BALDY ET BUGS
GROUPES FAMILIAUX –
100 $
KLEENEX,
SLASH,
BALDY
Les montants des dons sont
déductibles au Canada
Le Centre de recherche sur la vie marine de
Grand Manan ou CRVMGM
(Grand Manan Whale & Seabird Research Station – GMWSRS) est un
organisme de charité enregistré depuis 1981 par son
fondateur, le
regretté Dr David Gaskin. Nous nous consacrons à des
initiatives de
recherche et d'éducation faisant la promotion de la conservation
de
l'environnement marin. Nos chercheurs étudient les oiseaux et
mammifères marins dans la région de la basse baie de
Fundy, tout en
développant et en mettant en oeuvre des
programmes d'éducation et d'intendance par le biais d'un
musée
d'histoire naturelle, de conférences animées par des
invités, de
publications, de projets spécialisés, d'un site Web ainsi
que
d'expositions en plein-air.
Les
fonds ayant servi à créer ce site Web proviennent du
Programme
d’intendance de l’habitat des espèces en péril du
gouvernement du
Canada

et
de dons faits au CRVMGM.
|
Défis
à relever pour le rétablissement des baleines noires
(franches)
Le rétablissement
des baleines noires (franches) dépend de la protection de leur
habitat et
de la prévention des décès accidentels.
Éléments
à prendre en compte :
- décès
fortuits (collisions avec des navires et empêtrements);
- changements dans
l'habitat;
- toxines et
polluants;
- amenuisement
graduel du pool génétique.
Collisions avec des navires
- Bien que toutes
les grandes baleines sont vulnérables à ces collisions,
il semble que les baleines noires (franches) le soient encore plus que
les
autres espèces.
- Les trajectoires
que suivent respectivement les baleines et les navires se chevauchent
souvent.
- Les baleines
exploitent des aires variées pour la mise bas, la croissance des
jeunes, l’alimentation ou les migrations.
- Les navires,
grands et petits, peuvent être en route vers des ports, cheminer
via des zones non soumises aux règles de navigation, ou
s’adonner à la pêche ou à d’autres activités
nautiques comme la navigation de plaisance.
- Certaines des
premières collisions enregistrées entre des navires et
des baleines datent des années 1800.
Pourquoi
ces collisions entre navires et baleines surviennent-elles?
- Plusieurs navires
vont beaucoup plus vite que les baleines noires (franches).
- De nuit ou par
temps brumeux, les capitaines ne peuvent voir les baleines noires
(franches).
- S’il navigue
rapidement dans une zone, le capitaine peut ne même pas
réaliser que des baleines noires (franches) s’y trouvent
également, surtout si elles effectuent de longues
plongées.
- Certaines
personnes pourraient penser que les baleines noires (franches)
s’écarteront du chemin. Or il en va généralement
autrement, la baleine ne réagissant à la présence
d’un navire que lorsqu’il se trouve tout près.
Pourquoi
les baleines noires (franches) ne s’écartent-elles pas du
chemin?
- Les baleines
noires (franches) passent le plus clair de leur temps en plongée
et
lorsqu’elles reviennent à la surface, c’est pour
récupérer de leur effort et se préparer à
la prochaine plongée. Elles peuvent également être
en train de se reposer à la surface ou près de la surface.
- Généralement,
les baleines qui vivent dans des zones peu fréquentées
par des navires, comme dans l’Extrême-Arctique par exemple,
réagissent davantage au bruit des moteurs que les baleines
vivant dans des zones achalandées comme le littoral Est de
l’Amérique du Nord, ces dernières étant
probablement plus accoutumées au bruit des navires. C’est le cas
des baleines noires (franches).
Le
problème n’est-il pas plus complexe que cela?
- C’est
l’arrière d’un navire (la poupe), où se trouvent les
hélices, qui émet le plus de bruit. L’avant d’un navire,
en revanche, en émet peu. En eau profonde, le son ne voyage pas
de la même façon qu’en eau peu profonde et il peut y avoir
des endroits où une baleine n’entendra pas un bateau qui se
dirige vers elle.
- La plupart des
navires se déplacent beaucoup plus vite que les baleines
noires (franches). Cela ne laisse guère de temps à ces
dernières pour réagir lorsqu’elles refont surface
après une plongée. Les baleines noires (franches) peuvent
ne pas
être capables de plonger assez profondément et rapidement
pour éviter la quille profonde de certains navires.
Que
peut-on faire?
- Toujours affecter
du personnel chargé de surveiller les eaux à l’avant du
navire lorsque l’on navigue dans une zone réputée comme
étant fréquentée par des baleines noires
(franches).
- Ralentir afin que
les baleines noires (franches) aient le temps de s’écarter du
chemin.
- Modifier des
itinéraires si cela permet d’éviter des zones où
se trouvent des baleines noires (franches). Il a été
proposé de faire d’un certain secteur, situé à la
hauteur de la Nouvelle-Écosse où des baleines noires
(franches) se
rassemblent en été et en automne pour s’alimenter, une
zone à éviter sur une base volontaire.
- Déplacer si
possible des routes de navigation à l’extérieur des aires
les plus souvent fréquentées par des baleines noires
(franches).
Une telle mesure a été prise dans la baie de Fundy en
2003 afin de protéger une espèce de baleine, ce qui
était une première.
- Établir des
réseaux d’hydrophones auxquels on peut accéder à
distance. Avec un tel dispositif d’écoute de baleines noires
(franches)
déployé dans un secteur donné, le trafic maritime
peut être avisé de la présence éventuelles
de baleines dans la zone même si aucun bateau ou aéronef
ne peut aller vérifier sur place.
- Dans les zones les
plus fréquentées par des baleines noires (franches),
déterminer et délimiter d’éventuelles nouvelles
aires de conservation (comme cela a été fait dans la baie
de Fundy et dans le bassin de Roseway situé à la hauteur
de la Nouvelle-Écosse) ou aires marines protégées,
qui seront clairement indiquées sur les cartes marines.
Cependant, comme les baleines noires (franches) ne se cantonneront pas
forcément à ces seules zones, la prudence est donc
également de mise dans les eaux environnantes. Les baleines
noires (franches) sont très mobiles et se déplacent
constamment
d’une zone vers une autre.
Empêtrements
- Plusieurs
types de pêche requièrent l'ancrage sur place des engins
de pêche utilisés (p. ex. fascines à hareng) ou
consistent en des pièges reposant sur le fond marin, et desquels
partent des lignes reliées à des bouées flottantes
permettant la localisation des pièges (p. ex. pièges
à crabes, à homards ou à morues).
- De tels lignes
immergées peuvent descendre jusqu'à de grandes
profondeurs, là où le manque de lumière les rend
difficiles ou impossibles à voir.
- Si une baleine
noire (franche) nage à proximité de ces lignes, le
cordage
pourrait se prendre dans la bouche et dans les fanons de la baleine si
elle s'alimente, ou autour du corps de la baleine si elle
s'empêtre dans une ligne lâche. La première
réaction de l'animal se prenant dans une ligne sera alors de
rouler sur elle-même, ce qui ne fera souvent qu'empirer les
choses. Les baleines noires (franches) ont la force nécessaire
pour
rompre le cordage et pour traîner avec elles une partie de
l'engin de pêche. Or la plupart des cordages utilisés sont
conçus pour durer longtemps et peuvent demeurer pris pendant des
années sur la baleine.
- Occasionnellement,
il arrive que des baleines noires (franches) s'empêtrent
également
dans les filets de pêche eux-mêmes.
Emprisonnements
- Des
emprisonnements peuvent survenir dans des engins tels que les fascines
à hareng, de grands pièges situés près de
la rive constitués de grands poteaux enfoncés dans le
fond marin et reliés entre eux par des filets tendus autour de
la structure entière. Ces fascines à hareng comportent
une ouverture assez grande pour laisser entrer des bateaux (et des
baleines), et faisant généralement face à la rive.
Une baleine noire (franche) prise dans un tel piège peut nager
librement
et n'est donc pas empêtrée.
Que peut-on faire?
- Les pêcheurs
peuvent éviter les zones où l'on trouve des baleines
noires (franches).
- Les engins de
pêche utilisés peuvent être modifiés afin :
de limiter la quantité de cordage utilisée; de comporter
des cordages moins solides; ou de comporter certains liens brisables
qui pourraient permettre à une baleine noire (franche) de se
libérer d'elle-même.
- En fin de compte,
moins il y aura de cordages dans l'eau, moins il y aura de risques
d'empêtrements pour les baleines noires (franches).
- Lorsque des
baleines noires (franches) sont empêtrées, des
équipes
spécialement formées en la matière peuvent
intervenir en sectionnant les lignes qui entravent la baleine en
difficulté, bien que certaines baleines traînent des
lignes de pêche pendant des années.
- Les jeunes
baleines noires (franches) en croissance rapide sont
particulièrement
vulnérables aux empêtrements, car les cordages qui
entravent une jeune baleine se ressèreront autour d'elle
à mesure qu'elle grossira, pouvant sectionner les chairs et
même les os et entraîner des infections fatales pour
l'animal.
- Une baleine
noire (franche) peut être empêchée de se nourrir en
raison
d’une ligne avalée ou enroulée serrée autour de sa
bouche.
- Les pêcheurs
qui utilisent des fascines à hareng peuvent libérer une
baleine prise dans l'engin en utilisant des techniques
développées par les pêcheurs et par le Centre de
recherche sur la vie marine de Grand Manan. Avec les baleines noires
(franches),
il s'agit d'ouvrir une section du piège faisant face à
l'eau libre, ce qui implique de retirer le filet et les poteaux
jusqu'au fond marin. Une fois que l'ouverture pratiquée est
assez grande, la baleine noire (franche) sortira immédiatement
du
piège à la nage.
Major Habitat Areas of North
Atlantic Right Whales
in the Western North Atlantic
Changements
dans l’habitat
- Les
baleines noires (franches) vivent le long de la côte Est de
l’Amérique du Nord, très industrialisée et aux
eaux achalandées.
- Les
contaminants et autres polluants qui dégradent leur habitat
deviennent persistants.
- Des
médicaments et des hormones imitant certains produits chimiques
sont régulièrement déversés dans
l'océan.
- Les eaux
côtières deviennent de plus en plus riches en nutriants,
ce qui favorise la prolifération d’algues toxiques.
- La
composition des espèces présentes dans l’océan
change.
- Les
changements climatiques affectent la température de l'eau et la
configuration des courants marins.
Un
environnement sain
Tous les efforts
consacrés à la protection et à la restauration
d’environnements locaux profiteront ultimement aux océans ainsi
qu’à leurs habitants, dont les baleines noires (franches).
- Réduire
et prévenir les déversements de nutriants nuisibles et de
produits chimiques toxiques (notamment par le traitement adéquat
des eaux d’égout et l’élimination appropriée des
produits chimiques).
- Réduire
la pollution de l’air.
- Prévenir
le réchauffement planétaire.
- Se
rappeler des 3 « R » : réduire, réutiliser,
recycler.
Changements
dans l’habitat : dérangement
- Les
niveaux de bruit dans l’eau ont augmenté en parallèle
avec l’accroissement du trafic maritime, de l’exploration
séismique sous-marine par explosions et d’autres
activités.
- L’utilisation
de moyens de dissuasion acoustique pour protéger les
piscicultures contre des prédateurs comme les phoques est en
hausse.
- Les
baleines noires (franches) sont approchées à
répétition par les observateurs de baleines et par des
chercheurs.
Solutions
- Établir
des directives fixant des limites à respecter relativement aux
niveaux de bruit et de dérangement.
- Développer
en matière d’observation de baleines des règlements
favorisant un comportement prudent et respectueux envers les baleines
noires (franches). Aux États-Unis, un permis est exigé
pour avoir
le droit d’approcher une baleine noire (franche) à moins de 460
m, ce
qui exclut les baleines noires (franches) de toute activité
commerciale
d’observation. Au Canada, les observateurs de baleines ont
élaboré un code d'éthique afin de diminuer le
dérangement subi par les baleines noires (franches). Des
règlements et des permis relatifs à l'observation de
baleines ont également étés
développés.
- Contrôler
les activités de recherche afin de réduire au minimum le
dérangement potentiel ou constant et les activités
nuisibles.
Changements
dans l’habitat : ressources alimentaire inadéquates
- La
surpêche a changé la composition des espèces,
causant des changements au niveau de la compétition entre
prédateurs et de la disponibilité des différentes
proies.
- La
destruction de la couche d'ozone peut entraîner une
réduction de la biomasse de phytoplancton, un composant
essentiel de l'écosystème.
- Un
excès de nutriants dans l’eau peut favoriser la croissance et la
prolifération de phytoplancton toxique.
Solutions
- Établir
et maintenir des pratiques de gestion qui protègent et
améliorent l'environnement marin.
- Prévenir
la surpêche et prêter une attention particulière aux
« nouvelles » pêches.
Changements
dans l’habitat : événements catastrophiques
- Les
déversements d’hydrocarbures sont extrêmement destructeurs
pour l'environnement marin. La seule information disponible
relativement à leurs effets sur les baleines noires (franches)
est
limitée.
- D'autres
produits chimiques toxiques sont également transportés
sur l'eau ou peuvent atteindre l’océan en provenance de
déversements terrestres.
Baie de Fundy
- Les
groupes locaux, l'industrie et les agences gouvernementales se
réunissent régulièrement dans le but de
développer un plan d'urgence, de former des volontaires et
d’instruire le public en cas de désastre.
- Plus
d'information est nécessaire pour bien comprendre comment
protéger les mammifères marins, en particulier les
baleines noires (franches).
- Des
méthodes appropriées d’élimination et de
traitement des produits pétroliers pourraient aider.
Données
génétiques
Diverses analyses
génétiques liées aux baleines noires (franches)
sont
effectuées depuis plus d’une décennie. Les profils
génétiques établis nous aident à :
- déterminer
le degré de parenté et les liens de paternité
(trouver les pères) entre individus (dresser des arbres
généalogiques);
- relier
génétiquement à des individus connus des baleines
mortes ou des échantillons de tissus d’origine inconnue pouvant
avoir été conservés pendant des siècles
dans des musées ou dans divers endroits reculés,
là où la chasse à la baleine peut avoir
été pratiquée jadis;
- déterminer
comment la chasse passée a affecté l’espèce.
Faible
diversité génétique
Les diverses
populations de baleines noires (franches) ont fortement diminué,
ce qui a
entraîné une faible diversité
génétique.
Cette situation peut
mener à une consanguinité accrue ayant pour
résultats :
- de faibles
taux de reproduction;
- un taux de
survie inférieur des baleineaux;
- une
résistance moindre à la maladie.
Certaines
populations animales aux prises se trouvant dans des situations
similaires ont déjà réussi à se
rétablir.
Bien qu’il ne nous soit
pas possible d’intervenir dans ce domaine, la protection des baleines
noires (franches) contre la mortalité accidentelle est cruciale.
Résumé
- Les
baleines noires (franches) de l'Atlantique Nord sont une espèce
très menacée.
- Par sa
seule présence, l’homme menace la survie de ces baleines.
- Les
collisions
avec des navires et les empêtrement dans des engins de
pêche sont
considérés comme étant les principales causes de
mortalité chez les
baleines noires (franches).
- Cependant,
il
est également important de protéger les habitats de la
baleine noire (franche),
ce qui signifie prévenir les changements radicaux dans les
océans.
|
Conséquences
de ces problèmes pour les baleines noires (franches)
Puisque les baleines
noires (franches) :
–
nagent lentement;
– sont difficiles à voir;
– se reposent à la surface;
– adoptent divers comportements sociaux à la
surface de l’eau; et
– ne réagissent qu'à la
dernière minute lorsque des navires s'approchent…
... elles sont donc vulnérables aux collisions.

Calvin,
no 2223 :

Une
bouée de télémesure satellitaire fut fixée
au cordage que traînait Calvin, ce qui permit de suivre pendant
plusieurs mois les déplacement de cette baleine dans le golfe du
Maine. L’engin de pêche fut enlevé avec succès par
une équipe de désempêtrement du Center for Coastal
Studies de Provincetown, au Massachusetts.
Slash,
no 1303 :

La blessure subie
par cette baleine fut vraisemblablement causée par une
hélice de bateau qui sectionna une partie de sa queue, bien
qu'aucune collision n'ait été observée, ce qui
laisse planer un doute quant à la cause réelle. Le
mâle Churchill (no 1102), qui est l'un des
pères du baleineau de Slash
(baleineau no 2303), a fait l'objet d'une
forte publicité en 2001 lorsque de vaillants efforts ont
été déployés pour le libérer de
lignes de pêche incrustées en travers de sa bouche et sur
sa tête. Certaines de ces lignes, qui tranchaient sa peau et
l'empêchaient peut-être de se nourrir, furent probablement
à l'origine d'une infection qui lui fut fatale. Des
vétérinaires essayèrent même de lui
administrer un sédatif – la première intervention de ce
genre sur une baleine à fanons – afin de le ralentir et de
permettre aux spécialistes en désempêtrement de
tenter de retirer ces lignes incrustées dans ses chairs. La
tentative fut un échec. Pendant une centaine de jours, Churchill
fut suivi à l’aide d’une bouée de
télémesure satellitaire fixée au cordage qu’il
traînait, tandis qu’il errait sur des milliers de
kilomètres, du cap Cod aux îles de la Madeleine dans le
golfe du Saint-Laurent, puis vice versa, jusqu’à ce qu’il
finisse par disparaître. On présume qu’il est mort
puisqu’il n’a jamais été revu depuis et que le signal par
satellite avait finit par s’interrompre brusquement lorsqu’il coula
sous les flots. Normalement, les baleines noires (franches) demeurent
à
flot lorsqu’elles meurent vu l’épaisse couche de graisse qui
leur confère une bonne flottabilité et qui fut une cause
importante de leur chasse passée. Or Churchill avait perdu
beaucoup de poids à cause des complications qui
découlaient de son empêtrement. Des baleines très
maigres, comme il l’était alors, peuvent couler une fois mortes.
Kleenex,
no 1142 :

Les pères de deux des
baleineaux
de Kleenex (le mâle no 1050, père du baleineau Drippy-Nose no 1123, et le mâle Dingle,
no 1144, père du baleineau no 2642) portent des cicatrices sur leur queue. Bien que
l’origine de ces cicatrices puisse varier, l’une des principales causes
en est l’empêtrement dans des engins de pêche. On estime
que de 70 à 75 % des baleines noires (franches) portent des
cicatrices
liées à des empêtrements, même si aucun
cordage ou filet n’est aperçu sur une de ces baleines au moment
de l’observation. La cicatrisation chez les baleines noires (franches)
laisse
des marques blanches visibles sur le fond noir ou gris foncé de
leur peau. En outre, un faible pourcentage de baleines ont des
cicatrices causées par plus d’un empêtrement, ce qui peut
être décelé en photographiant continuellement les
individus au cours des années et en comparant les clichés
obtenus.
(Note : Drippy-Nose est
également connu sous le nom de « Snotnose » dans le
catalogue de baleines noires ( franches) de l'Atlantique Nord.)
Baldy,
no 1240 :

Le mâle Dingle,
no 1144 (voir plus
haut) est également le père d’un des rejetons de Baldy,
à savoir le baleineau no 1503.
L’établissement
de profils génétiques a permis de
déterminer le sexe d’individus lorsqu’il était inconnu et
d’identifier les pères de certains baleineaux, ce qui permet de
dresser des arbres généalogiques. Par exemple, Dingle a
été identifié comme étant le père de
baleineaux de Kleenex (no 1142) et de Baldy (no 1240). Comme les profils
génétiques de tous les mâles n’ayant pas encore
été établis, d’autres liens de paternité
seront déterminés dans le futur.
Afin d’obtenir le matériel génétique requis, des
échantillons de peau sont prélevés à l’aide
de fléchettes à biopsie tirées avec une
arbalète à une distance sécuritaire,
généralement à partir de l’arrière de la
baleine. Habituellement, l’animal biopsié ne réagit pas
à l’impact de la fléchette.
Les tissus prélevés par biopsie ou sur des baleines
mortes peuvent aussi être soumis à une analyse des
contaminants contenus. Étant donné que les baleines
noires (franches) se nourrissent à un échelon peu
élevé (zooplancton) du réseau alimentaire, leur
niveau de contamination est souvent peu élevé,
contrairement aux bélugas qui préfèrent
s’alimenter de poissons et de calmars et dont les tissus sont souvent
hautement contaminés.
Les baleines noires (franches) sont également exposées
à
des biotoxines, notamment celles provenant des marées rouges, un
type de prolifération d’algues toxiques pouvant entraîner
une intoxication paralysante semblable à celle donnée par
des mollusques. Chez la plupart des mammifères, une exposition
continue à cette toxine peut susciter des problèmes
reproducteurs; cependant, on ne sait pas encore si les baleines noires
(franches) arrivent à supporter mieux que d’autres
mammifères une exposition continue à la toxine en
question.
Lorsque des baleines
captent l’intérêt des médias
en raison de cas d’empêtrement, on leur donne habituellement un
nom si elles n’en ont pas déjà un. Une baleine ayant un
nom donne un ton plus personnel et intime à l’histoire que si
l’animal n’avait qu’un simple numéro de catalogue.
Vu le statut d’espèce en voie de disparition des
baleines noires (franches) de l’Atlantique Nord, les
décès
causés par des collisions avec des navires constituent l’un des
principaux obstacles à leur rétablissement, surtout si
les baleines heurtées et tuées sont des femelles
essentielles à la survie de l’espèce. Le nombre de
baleines ainsi tuées est sous-estimé car on ne retrouve
pas toujours une baleine entrée en collision avec un navire.
Similairement, on ne connait pas toujours la cause des
décès, particulièrement dans les cas de baleines
mortes fortement décomposées.
Caractéristiques
de la baleine noire (franche)
- Nage lente;
- Noire ou
grise avec des parties blanches dans la zone ventrale;
- Souffle en
forme de V;
- Pas de
nageoire dorsale;
- Nageoires
pectorales grandes et larges;
- Grande
queue noire profondément échancrée qui se
soulève à la verticale lors d’une plongée;
- Callosités
sur la tête permettant d’identifier chaque baleine;
- Démonstration
de comportements très sociaux à la surface de l’eau; et
- Alimentation
axée sur le zooplancton (copépodes et krill).
Grâce
à la photo-identification et à des relevés
effectués dans des zones côtières, les chercheurs
ont pu déterminer des routes migratoires et des habitats
critiques précis, régulièrement exploités
par la plupart des baleines noires (franches) pour la mise bas,
l’alimentation
et la croissance des baleineaux.
La plupart des
baleineaux voient le jour dans les eaux côtières du
sud-est des États-Unis entre les mois de décembre et de
mars. Les baleineaux migrent ensuite avec leur mère vers des
aires de croissance se trouvant dans la baie du Cap Cod et plus au
nord.
Les autres aires
d’hivernage fréquentées par le reste de la population de
baleines noires (franches) ne sont que partiellement connues.
En avril, plusieurs
baleines noires (franches) se trouvent dans leurs aires d’alimentation
du Grand
chenal Sud et de la baie du Cap Cod.
En été,
on retrouve les baleines plus au Nord, dans la baie de Fundy et le
bassin de Roseway. On a donné à ces aires le statut
d’habitats critiques pour baleines noires (franches).
Certaines baleines
noires (franches) peuvent se rendre vers des zones plus septentrionales
telles
que le golfe du Saint-Laurent et les environs de Terre-Neuve, ou
même jusqu’en Islande.
Les déplacements
des baleines noires (franches) les exposent directement à des
ennuis
liés au trafic maritime, à la pêche ou au
dérangement.
Qu’arrive-t-il
lorsque l’on trouve une baleine noire (franche) morte?
- Si la
carcasse peut être récupérée, une
équipe essayera d’effectuer une dissection ou une
nécropsie.
- Bien que
les baleines noires (franches) aient été soumises
à une
chasse intensive, nous en savons encore bien peu à leur sujet.
- De
précieux renseignements peuvent être recueillis sur une
carcasse, notamment la cause du décès de l’animal
- Un nombre
croissant de musées ajoutent des squelettes à leurs
collections à des fins de conservation et d’exposition.
Le rôle
de la recherche
- Dans
plusieurs cas, il manque même certaines connaissances biologiques
de base sur les baleines noires (franches).
- La
recherche ciblée peut aider à résoudre des
problèmes précis et à recueillir de nouveaux
renseignements.
- Les
travaux de recherche à long terme sont essentiels pour en
apprendre davantage sur ces animaux qui vivent longtemps.
© 2006 - 2010
Le Centre de
recherche sur la vie marine de Grand Manan
24 Route 776, Grand
Manan,
NB Canada E5G 1A1
Tél. :
506 662
3804
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Dernière modification :
30 avril 2010
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